BASES & TECHNIQUES PASTELS SECS

30. Mars, 2020

LES CONTRASTES

Apporter du contraste est un point important. Je contourne beaucoup de règles de composition, mais celle-ci me paraît difficile à éviter pour avoir un résultat vraiment intéressant. Le contraste n’est pas seulement la variation de valeurs. Celle-ci est indispensable, mais il y a beaucoup d’autres contrastes à faire ressortir :
 Le contraste de couleurs : chaud/froid (utiliser les complémentaires saturé/dé-saturé
 Le contraste de textures et des formes : végétaux/roche/eau ; naturel/fabriqué
 Le contraste des tailles : Petit/moyen/grand (important pour donner une échelle à son œuvre : Une montagne peut devenir une colline s’il n’y a pas d’arbre pour se donner une idée de sa taille)
 Le contraste du sens des éléments (voir la partie sur le scénario de lecture) : horizontaux (eau, rochers plats, chemins) / verticaux (herbe,arbres,montagnes) /obliques / courbes (directions d’un cours d’eau, route, chemin..)
 Le contraste de netteté : Eléments nets (point d’intérêt, premier plan) et flous (arrière-plan)

30. Mars, 2020

L'EQUILIBRE D'UN TABLEAU

Les règles à connaître
 Utilisez la règle des tiers pour placer vos éléments importants (diviser la longueur du tableau en 3, et sa hauteur en 3, placez ce que vous souhaitez mettre en valeur sur les points d’intersection).
 Evitez de centrer un sujet (valable aussi pour la ligne d’horizon ou toute séparation qui coupe le tableau en deux parties égales)
 Evitez de laisser de grands espaces totalement vides si une autre zone est particulièrement chargée. Si votre point focal est entouré d’éléments et que le reste du tableau ne contient par exemple que de l’herbe, il sera bon d’y ajouter quelque chose, même un petit sujet.
 Veillez à ce que les valeurs soient équilibrées dans les différentes zones du tableau : Parfois une scène contient beaucoup d’éléments de part et d’autre du tableau, mais ces éléments vont être très sombres d’un côté et très clairs de l’autre. C’est une forme de déséquilibre que vous pouvez corriger facilement en incluant un peu de tons sombres d’un côté et un peu de tons clairs de l’autre. Pensez au Ying et au Yang pour vous souvenir de cette consigne utile.
 Les nombres impairs rendent mieux que les nombres pairs. Peut-être avez-vous déjà entendu ce conseil en déco, on préfère toujours disposer un nombre impair de coussins, de photos, de bougies… Ce conseil en réalité très ancien s’applique aussi en peinture : On préférera ainsi ajouter un nombre impair de figures (personnages) ; un nombre impair d’arbres, de fleurs, jusqu’au nombre de pétales sur une fleur pour les plus assidus !
 Conservez une unité. Chaque couleur employée doit se retrouver à différents endroits du tableau.
 Incorporez de la variété. La nature aime le désordre, voire le chaos. Les compositions symétriques, les brins d’herbe allant tous dans la même direction, de même hauteur, de même couleur, donnent des résultats artificiels.
 On veillera à ce qu’il y ait plusieurs plans pour créer de la profondeur (éléments proches, éloignés, encore plus éloignés)

30. Mars, 2020

SCENARIO DE LECTURE

L’œil humain aime suivre des chemins. Parfois ces chemins sont évidents (dans le cas d’un tableau représentant… Un chemin) ; parfois ils sont totalement inconscients.
En créant un tableau de paysage, nous pouvons nous amuser à imaginer quel sera le chemin emprunté par notre observateur (ou en d’autres termes, nous pouvons anticiper le scénario de lecture idéal). Les horizontales et verticales
La ligne d’horizon est la plus évidente horizontale d’un tableau. Elle doit toujours être parfaitement droite, sauf effet particulier recherché. Une ligne d’horizon penchée est très regrettable sur un tableau, faites attention à la soigner.
Une ligne horizontale peut aussi être celle du sommet d’une haie, d’un chemin parallèle au tableau, d’un toit de maison, d’un mur… Une ligne verticale peut être celle d’un arbre, d’un poteau, d’un mur, du mât d’un bateau… Ces deux types de lignes se retrouvent plus fréquemment dans les constructions humaines que dans les paysages naturels. Les paysages urbains en sont particulièrement remplis ! L’association de lignes horizontales et verticales peut parfois donner des encadrements intéressants.
Même si ce n’est pas le cas, il est toujours bon d’avoir un peu des deux pour diversifier sa composition.
Les courbes et obliques
Ces lignes sont peut être encore plus importantes dans la mesure où elles peuvent guider l’œil à l’intérieur du tableau. Bien utilisées, elles aident l’observateur à passer plus de temps sur une image. Utilisées à mauvais escient ou sans en avoir conscience, elles peuvent aussi le faire sortir plus rapidement.
Ce type de lignes est plus présent dans les paysages naturels. Ils peuvent être formés par les branches d’un arbre, la bordure d’un rocher, la forme d’un ruisseau ou d’un chemin, la façon dont sont organisées des fleurs sauvages…
Bon à savoir : Les courbes ont toujours un effet positif, car nous aimons les rondeurs. Elles sont de bons amis pour créer de l’intérêt.

30. Mars, 2020

COMPRENDRE OMBRES ET LUMIERES

Les relations entre les valeurs
Les variations d’intensités lumineuses sont appelées valeurs. L’un des caps les plus essentiels à passer pour un artiste peintre est de comprendre à quel point ces variations sont relatives. Une couleur peut vous paraître lumineuse à un endroit du tableau, pourtant elle sera sombre si on la déplaçait sur une zone plus claire qu’elle. Pour cette raison, vous devez multiplier les comparaisons : A quel point cette zone est-elle plus foncée que le ciel ? Est-elle plus claire que telle autre zone ? Et par rapport à une autre ?
Apprendre à débusquer ces faux amis fera toute la différence dans vos paysages, comme dans tous les autres types de tableaux. Voici quelques astuces pour vous y aider :
-Commencer par un croquis en noir et blanc pour repérer les quatre valeurs principales d’une scène vous donnera un guide précieux avant de vous lancer dans la couleur.
-Arrangez vos pastels par couleur, mais surtout par valeur. La disposition des pastels Unison dans le coffret de 120 demi-bâtonnets que je possède est un superbe exemple d’organisation. Les valeurs les plus foncées sont au centre, elles s’éclaircissent vers la gauche et vers la droite en fonction de leur teinte.
-En commençant votre tableau, prenez l’habitude de repérer les masses principales avant de vous lancer dans le détail. Faites de grands aplats, les Pan Pastel sont d’excellents alliés pour cela ou vous pouvez aussi opter pour une sous-couche à l’eau ou à l’alcool.

30. Mars, 2020

LA LUMIERE

D’où vient la lumière ?
Voilà l’une des questions clés à se poser lorsque l’on commence un tableau, puisqu’elle est le point commun à tous les éléments qui le composent, elle permet à une scène d’être harmonieuse. Dans le cas du paysage, on cherche donc naturellement où est le soleil, car son emplacement détermine la source de lumière principale. Mais est-ce bien la seule ?
Les trois sources de lumière naturelle d’une scène :
 Le soleil
 Le ciel
 La lumière réfléchie par les objets illuminés.
Quelle est la température de la lumière ?
La lumière du ciel est une lumière froide, celle du soleil est une lumière chaude. Ainsi si vous êtes en intérieur, la lumière passant par votre fenêtre sera froide si celle-ci ne provient pas du soleil direct. En revanche, si c’est le soleil qui passe à travers, vous aurez une lumière plus chaude.
En connaissant la température de la lumière, vous serez plus à même de choisir les teintes adéquates pour votre sujet. Donnez une dimension supplémentaire à vos tableaux en éclairant via des couleurs différentes de celle de votre sujet : Par exemple, éclairez vos végétaux ensoleillés avec du jaune plutôt qu’avec un vert plus pâle, vous verrez une vraie différence de réalisme, mais aussi d’esthétique. Un champ de coquelicots va ainsi pouvoir s’illuminer avec des touches oranges bien placées, alors que le simple usage de rose ou de blanc pourrait ne pas suffire pas à leur donner tout leur éclat et la sensation de chaleur liée à la température des couleurs. J’ajouterais aussi bien que ce soit
un goût personnel, que choisir des couleurs particulièrement éloignées des couleurs locales du sujet pour l’éclairer et l’assombrir pourra parfois lui
apporter beaucoup d’intérêt et de poésie.
Scrutez le ciel pour comprendre la lumière
Il est bon de garder également à l’esprit que la météo a une influence directe sur la luminosité d’un paysage et sur ses ombres, car plus il y a de nuages qui encombrent le ciel, moins celui-ci peut diffuser sa lumière. Ainsi, sous un ciel gris les ombres sont douces et les contrastes sont faibles. Bon à savoir aussi, si le soleil se lève ou se couche,sa lumière peut prendre des couleurs différentes qui vont affecter les différents éléments du sol.

30. Mars, 2020

L'OMBRE

Les couleurs des ombres
Lorsqu’il faut beau, le soleil illumine le ciel qui illumine lui-même le sol. C’est pourquoi les ombres sont bleutées : Leur lumière ne provient pas du soleil (puisque ce sont des ombres) mais du ciel. Par temps nuageux, le ciel est gris et les ombres sont plus grises elles aussi. En général, on essaiera d’apporter un peu de la couleur complémentaire de l’objet dans son ombre : Un peu de rouge dans l’ombre du feuillage d’un arbre aide à obtenir un résultat naturel et harmonieux.
L’intensité des ombres
Plus la lumière est intense, plus l’ombre se découpe nettement. Sous un soleil puissant, les ombres sont très marquées et très sombres, alors que par temps gris la lumière est filtrée par les nuages, les ombres seront alors moins foncées et les bordures seront douces. Sur une ombre allongée due à un soleil bas, l’ombre sera très marquée à la base de l’objet, puis en s’éloignant elle formera un dégradé de plus en plus clair et flou.
L’ombre de contact / ombre d’occlusion:
Lorsque deux objets (ou un objet et une surface) sont suffisamment proches l’un de l’autre, ils peuvent créer une zone sans lumière. Ce point sera le plus sombre de l’ombre. Les zones les plus noires de ces moules sur leur rocher sont les points de contact entre elles et avec la roche : Ce sont les ombres d’occlusion.
Les exceptions
Travailler les ombres selon la forme de l’objet et la source de lumière est une compétence excellente. Mais, certains sujets se prêtent mal à cet exercice, car leur texture est trop hasardeuse : C’est le cas des nuages, qui peuvent avoir des densités différentes d’une zone à l’autre ; mais aussi des arbres au feuillage hétérogène, ou encore de certaines fleurs aux pétales si fins qu’ils peuvent laisser transparaître l’objet qui se trouve derrière. Si l’on traite un nuage comme on traite un objet, celui-ci risque d’apparaître comme plastifié. Pour être crédible, il a besoin d’un peu de hasard et de transparence.

30. Mars, 2020

ADAPTER LA COULEUR

La couleur locale est la couleur d’un objet sous une lumière blanche. C’est ainsi que la neige est blanche et l’herbe est verte. Il est facile de tomber dans le piège de la couleur locale en dessinant ce que nous savons au détriment de ce que nous voyons.
Mais n’oublions pas que tous les éléments qui composent un tableau de paysage partagent les mêmes sources de lumière et sont soumis aux mêmes conditions. Si dans le cas d’un portrait la question est moins essentielle puisqu’il n’y a souvent qu’un seul élément représenté (le portrait), dans un paysage il est important de prendre en compte cet impact sur chaque élément qui le compose. La difficulté vient aussi du fait qu’un appareil photo ne rend jamais exactement les mêmes teintes ni les mêmes valeurs que nos propres yeux. C’est pourquoi comme nous l’avons déjà évoqué, il est recommandé de pratiquer le pastel (ou toute autre peinture) d’après nature autant
que possible, pour s’habituer à toutes ses subtilités et pour pouvoir corriger les images lorsque l’on travaille d’après photos.
Ainsi on saura repérer tout de suite les situations où il faut éclairer la couleur locale, avec quelles teintes, ou bien peut-être faudra-t-il l’assombrir, la saturer ou encore de la ternir selon les cas.

30. Mars, 2020

LE PROBLEME DU VERT

Pour trouver le vert adéquat :
-Garder un papier brouillon près de soi pour y faire des tests, parfois le vert est différent lorsqu’on le voit sous forme de bâtonnet/crayon et lorsqu’il est appliqué sur le papier. On peut aussi y superposer ses pastels pour créer de nouveaux verts.
-C’est très bien d’avoir plusieurs verts différents parmi ses pastels. Mais inutile de chercher à collectionner les bâtonnets verts, pensez à utiliser d’autres couleurs en superposition pour créer de nouvelles variations : Si vous superposez des jaunes au vert vous le réchaufferez, si vous lui ajoutez des bleus vous le refroidirez, si vous lui ajoutez des rouges (très intéressant) vous baisserez sa saturation. Attention aussi à la pression exercée, qui fait varier le résultat.
-Variez votre palette. N’utilisez pas le même vert partout sur une scène, la nature aime la diversité !
-Entraînez-vous. Ne fuyez pas le problème, au contraire, affrontez-le aussi souvent que possible pour le connaître et acquérir des automatismes.
-Mes verts préférés : Rembrandt olive 620 (620.3 / 620.5 / 620.7) et Cinabre vert clair 626 (626.5/626.3) ; Crayons Faber Castell Pitt vert olive jaunâtre 172, Terre verte 173 et Jaune paille 102.

30. Mars, 2020

LA PERSPECTIVE

Perspective atmosphérique
Il s’agit de la façon dont les éléments d’un paysage changent d’apparence en fonction de la distance à laquelle ils se trouvent. Les couleurs vives et les contrastes importants du premier plan s’affaiblissent de plus en plus à mesure que notre œil gagne l’arrière-plan, car la masse d’air entre le premier et l’arrière-plan est plus importante. Attention, cela n’arrive que si l’arrière-plan est suffisamment lumineux pour le permettre.
 Les couleurs chaudes font avancer les sujets, les couleurs froides les font reculer. Il y a bien entendu des exceptions possibles, comme par exemple un arrière-plan illuminé par un rayon de soleil matinal.
 Les zones les plus sombres sont les plus affectées par ce phénomène en devenant plus claires et plus bleutées.
 Les zones les plus lumineuses perdent leur saturation, deviennent grisâtres et plus froides. Les contrastes entre les différents éléments deviennent de moins en moins marqués à mesure que l’on s’éloigne du premier plan.
 Les éléments blancs (des maisons par exemple) ont en revanche tendance à prendre une teinte plus chaude avec la distance. Contrairement au reste du paysage qui s’homogénéise, les éléments blancs se détachent bien des autres même en étant lointaines.
 Tous ces effets peuvent être exacerbés dans certaines circonstances : Vapeur d’eau en suspension dans le cas de cascades ou torrents, de brume, de poussières ou de sable selon les paysages.